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Note : le programme de l’agrégation externe spéciale « docteurs » partage une partie du programme avec l’agrégation externe « classique ». Les sujets au programme de l’agrégation interne sont signalés ci-dessous avec un astérisque (*).
Descriptif des épreuves
Vous trouverez le descriptif des épreuves sur le site du Ministère.
Vous trouverez le descriptif des épreuves sur le site du Ministère: https://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid104886/les-epreuves-concours-externe-special-agregation-section-langues-vivantes-etrangeres-anglais.html
Vous trouverez le descriptif des épreuves sur le site du Ministère: https://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid98745/agregation-interne-section-langues-vivantes-etrangeres.html
Programme officiel de l’agrégation externe d’anglais 2026-2027
Télécharger sur le site du Ministère.
Les bibliographies des œuvres et questions au programme sont mis en ligne progressivement sur le site de la SAES et sur celui de l’AFEA.
Les sujets avec une étoile sont également au programme de l’agrégation interne.
Écrit : tronc commun
I – Littérature
- *William Shakespeare. Titus Andronicus [c. 1590-1593]. (Edited by Curtis Perry and Ayanna Thompson). Londres, Bloomsbury Publishing (The Arden Shakespeare Fourth Series), 2026 ; et le film de Julie Taymor, Titus (1999).
- Laurence Sterne. The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman [1759]. (Edited by Ian Campbell Ross). Oxford, Oxford World’s Classics, 2009.
- Mark Twain. Adventures of Huckleberry Finn [1884]. (Edited by Thomas Cooley). New York, Norton (Fourth Norton Critical Edition), 2021 ; et le film de Wes Anderson, Moonrise Kingdom (2012).
- *Carson McCullers, The Ballad of the Sad Café [1951]. Londres, Penguin, 2001.
- *Kathleen Raine. Collected Poems. Londres, Faber & Faber, 2019. The Year One (1952) – 26 poèmes (p. 61-101). On a Deserted Shore (1973) – 24 courts poèmes : phrase d’exergue, poème d’ouverture et poèmes 1 à 12 (p. 177-182), poèmes 121 à 130 (p. 212-214), poème de clôture (p. 215). The Presence (1987) – 2 poèmes : Light Over Water (p. 281-282) ; The Presence (p. 287). Living With Mystery (1992) – 4 poèmes : Fire (p. 309-310) ; London Dawn (p. 311-312) ; All this (p. 315-316) ; Poppy Flower (p. 320-321).
N.B. Mêmes éditions pour l’écrit et l’oral.
II – Civilisation
Le sujet proposé porte sur les relations complexes entre les gouvernements, partis et électeurs britanniques et le projet d’intégration européenne, relations qui ont donné au Royaume-Uni la réputation de partenaire récalcitrant (« awkward partner ») durant les quarante-sept années de son appartenance à ce qui était d’abord la Communauté économique européenne (CEE), créée par le traité de Rome en 1957, puis l’Union européenne (UE) après la ratification du traité de Maastricht en 1993. La période choisie débute avec l’entrée effective du Royaume-Uni dans la CEE le 1er janvier 1973 et s’achève avec son retrait le 1er janvier 2021, en passant par le referendum du 23 juin 2016, par lequel les électeurs britanniques ont voté à une courte majorité pour sortir de l’Union européenne. Ce référendum, ainsi que les négociations complexes qui l’ont suivi jusqu’au retrait effectif, en janvier 2021, ont donné lieu à d’intenses débats sur l’identité britannique, sur les facteurs qui avaient conduit à ce résultat et sur ses conséquences politiques et économiques. Il ne s’agit pas ici d’aborder la question d’un simple point de vue téléologique, qui consisterait à expliquer l’inévitabilité du Brexit en analysant les ressorts des réticences fondamentales à l’égard du projet européen, mais d’intégrer également la dimension presque accidentelle de ce référendum et d’aborder l’influence et les résultats obtenus par les gouvernements britanniques dans la CEE/l’UE.
Il sera attendu des candidats qu’ils maîtrisent la chronologie des événements pendant la période 1973-2021 et qu’ils connaissent les principaux acteurs politiques concernés ainsi que les analyses proposées par les spécialistes de science politique.
Le sujet sera envisagé sous les quatre axes suivants :
A. Identité britannique entre Europe, États-Unis et Anglosphère
Le premier concerne la définition même de l’identité britannique en opposition, partielle au moins, au continent européen tout au long des XVIIIe et XIXe siècles. L’Europe était alors perçue comme une source d’instabilité et éventuellement de menace pour le Royaume-Uni. La priorité des gouvernements était donc d’y maintenir un équilibre des puissances (« balance of power ») pour éviter l’hégémonie d’un pays, la France jusqu’à la défaite napoléonienne, la Russie ensuite, l’Allemagne enfin à partir de la fin du XIXe siècle.
Après 1945, Winston Churchill a redéfini la place du Royaume-Uni comme se situant à l’intersection de trois cercles (discours de Churchill, 9 octobre 1948) qui lui conféraient ainsi une position unique. Cette image est restée au fondement de la politique étrangère pendant toute la guerre froide et même au-delà, contribuant à entretenir le mythe d’un exceptionnalisme britannique. Le premier cercle en ordre d’importance à l’époque était l’Empire, qui devient progressivement Commonwealth, avec lequel les gouvernements successifs ont activement entretenu des liens politiques, commerciaux et culturels. L’idée d’une communauté de destin avec certains de ces pays (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande) alimentera plus tard le concept d’Anglosphère, incluant aussi les États-Unis.
Le second cercle, la communauté transatlantique, était issu de la relation privilégiée avec les États-Unis établie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait d’abord de maintenir la présence américaine en Europe pour assurer la sécurité du vieux continent dans le contexte de la guerre froide, mais aussi plus généralement de préserver une influence britannique indirecte dans le monde pour limiter le déclin progressif de sa puissance. Dans ce contexte, le troisième cercle, l’Europe, était moins prioritaire, d’autant que Londres se considérait encore, dans l’immédiat après-guerre, comme une puissance quasi égale à l’URSS et aux États-Unis, alors que l’Europe continentale était à genoux. C’est pourquoi le Royaume-Uni participa volontiers à différentes initiatives de coopération (Conseil de l’Europe, OECE, OTAN) mais ne pouvait, jusqu’au début des années 1960, envisager de participer à un projet d’intégration européenne.
B. Les différentes facettes de l’euroscepticisme : politique, médias et opinion publique
Un second axe portera sur la notion d’euroscepticisme, telle que définie notamment par Taggart et Sczcerbiak et utilisée à propos du Royaume-Uni depuis le milieu des années 1980 même si, dans le cas britannique, celle-ci recouvre une réalité bien antérieure, qui remonte au débat sur l’adhésion à la CEE. Cette notion se décline en trois volets. On étudiera tout d’abord les débats politiques qui ont traversé les gouvernements et partis politiques pendant toute la période étudiée, avec notamment l’évolution des partis conservateur et travailliste et l’émergence d’acteurs politiques extérieurs aux partis traditionnels comme le Referendum Party, le UK Independence Party, puis le Brexit Party, qui ont développé une offre populiste anti-européenne dès les années 1990. Le second volet explorera le rôle des médias dans ce phénomène : une partie de la presse écrite a offert une caisse de résonance à l’euroscepticisme à partir de la fin des années 1980, amplifiée ensuite par l’apparition des réseaux sociaux dont le rôle a été central au moment du référendum de 2016. On s’interrogera enfin, dans un troisième volet, sur l’évolution de l’opinion publique, qui a toujours été moins enthousiaste sur la CEE/l’UE que dans les autres États membres, à l’exception d’une courte période au début des années 1990. Cette spécificité britannique rendait les promesses successives d’abord, puis, la tenue effective d’un référendum, pour le moins hasardeuses.
C. Un partenaire difficile dans la CEE/l’UE
Un troisième axe sera consacré aux positions défendues par le Royaume-Uni dans la CEE puis dans l’Union européenne entre 1973 et 2016 sur les principaux sujets : agriculture, budget, union monétaire, élargissement, politique étrangère et de défense, etc. Se dessine alors une continuité dans les priorités ou objectifs défendus par les gouvernements successifs sur toute la période, à savoir la défense de la souveraineté du Parlement de Westminster, le soutien à la coopération intergouvernementale, le refus du fédéralisme, la promotion du libre-échange et de l’élargissement. Ces éléments permettront aussi de nuancer l’image répandue
du « partenaire difficile » souvent associée à Londres et de mettre en lumière l’influence effective sur les politiques publiques exercée à Bruxelles pendant plus de quarante ans.
D. Le référendum de 2016
Enfin, le dernier axe traitera du référendum sur le Brexit du 23 juin 2016 et des débats et négociations sur les modalités de sortie de l’Union européenne. On reviendra sur les facteurs structurels qui expliquent son résultat tout en s’interrogeant sur la dimension conjoncturelle, voire accidentelle, du choix que fit David Cameron en décidant de l’organiser. Il sera important d’examiner les stratégies de campagne des deux camps, le rôle des médias, et d’en évaluer l’impact. On étudiera également les différentes interprétations du résultat (51,9% pour Leave) et de la sociologie électorale, y compris dans leurs dimensions territoriales. On s’interrogera sur les spécificités du vote écossais, gallois et nord-irlandais. Parce que les modalités de sortie et le type de relations futures avec l’UE n’avaient pas été débattus pendant la campagne référendaire, les quatre années qui ont suivi le référendum ont donné lieu à une forte instabilité politique et à des conflits entre l’exécutif et le Parlement. Cette absence d’anticipation et de consensus a rendu les négociations sur le retrait de l’Union européenne, puis sur la relation future avec celle-ci, particulièrement difficiles, aboutissant finalement à la signature par Boris Johnson d’un simple accord de libre-échange, qui n’a en rien clos l’histoire tourmentée des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Présentation générale du sujet
La Révolution américaine, dont l’année 2026 marquera le 250e anniversaire, débuta après la guerre de Sept Ans en 1763, lorsqu’apparurent les premiers signes du conflit impérial entre la Grande-Bretagne et ses treize colonies du continent nord-américain. Elle prit fin avec le Traité de Paris de 1783, après plus de huit années d’une guerre, non seulement civile et fratricide entre Britanniques et Américains (1775-1778), mais aussi impériale, européenne et atlantique, après l’entrée de la France dans le conflit (1778-1783). La Révolution américaine sera étudiée ici à la lumière des principaux enjeux de la recherche des quarante dernières années, qui a révélé la dimension globale de l’événement ainsi que les nombreuses résistances locales et régionales, des deux côtés de l’Atlantique, qui ont conduit à la rupture du lien impérial entre la Grande-Bretagne et ses treize colonies.
Depuis le bicentenaire de 1976, le cadre interprétatif s’est considérablement éloigné de l’histoire intellectuelle, politique et constitutionnelle classique qui cherchait les origines philosophiques de la Révolution dans un libéralisme lockéen (L. Hartz, puis J. Appleby) ou dans le républicanisme pocockien (J. G. A. Pocock, B. Baylin, puis G. S. Wood). Grâce au développement de l’histoire sociale et politique, la recherche a été élargie au-delà du corpus constitutionnel et des élites révolutionnaires. Elle a ainsi révélé la complexité des conflits et des intérêts locaux, régionaux et atlantiques, d’ordre territorial, commercial, politique et social, à l’origine de la Déclaration d’Indépendance de 1776 et de la guerre du même nom, qui a profondément transformé le continent nord-américain et l’espace atlantique de la fin du XVIIIe siècle (J. P. Greene ; E. Mancke). L’accent est mis désormais sur les causes et les conséquences humaines, sociales et économiques de cette rupture et de cette guerre, notamment les multiples formes et degrés d’engagement révolutionnaire des hommes et des femmes plongés par les circonstances dans le conflit (G. Nash ; W. Holton). L’allégeance, britannique et loyaliste (M. Jasanoff) ou révolutionnaire et patriote, est un enjeu majeur, en particulier pour les « figures oubliées » (E. Marienstras et B. Vincent) de la Révolution : les femmes, les hommes sans propriété, les hommes et les femmes réduits en esclavage, et les populations autochtones parties prenantes dans ces conflits impériaux, expansionnistes, pour la possession de leurs territoires de l’ouest (S. Zabin ; D. Egerton ; K. DuVal ; P. Spero ; C. Prior ; C. Calloway).
Quatre axes d’étude
Il s’agira premièrement de saisir les causes, la nature, le déroulement et l’étendue de la crise impériale britannique dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. On mesurera ainsi les conséquences territoriales et économiques de la Guerre de Sept Ans, qui tripla la taille de l’empire territorial britannique sur le continent nord-américain et souleva des enjeux considérables dans la gestion des frontières et des relations avec les autochtones et les autres empires européens en compétition dans les Amériques. La prise ou reprise en main de la gestion coloniale en métropole pour combler le coût du conflit avec la France engendra un enchaînement de crises commerciales, diplomatiques et politiques, qui s’ouvrirent avec le Sugar Act d’avril 1764 et provoquèrent la mobilisation des colons contre l’imposition métropolitaine, jusqu’au point de bascule de 1773-1774 qui fit naître le premier Congrès continental et conduisit au conflit armé déclenché à Lexington et à Concord, dans les environs de Boston, le 19 avril 1775. La Déclaration du 4 juillet 1776 modifia la nature de la guerre, désormais guerre pour l’indépendance et non plus seulement guerre civile, menée à bien grâce à l’élaboration en 1777 d’un premier arsenal constitutionnel interétatique (les Articles de Confédération), qui malgré ses limites, permit l’alliance franco-américaine de février 1778, puis l’intervention de l’Espagne aux côtés de la France en avril 1779. Le conflit devenu global par le jeu des empires en construction prit fin en plusieurs étapes : la victoire des Insurgents à Yorktown en octobre 1781, puis deux années d’âpres négociations entre les acteurs du conflit pour aboutir au Traité de Paris de septembre 1783, qui rompit définitivement le lien impérial, affectant durablement la géopolitique de l’espace atlantique.
Le second axe vise à interroger la Révolution américaine sous l’angle territorial et spatial qui a constitué l’un de ses principaux enjeux. L’année 1763 est aussi celle de la Proclamation royale qui fit suite au premier Traité de Paris et interdit l’expansion des territoires colonisés (settlements) au-delà des flancs est des Appalaches, mettant un frein considérable au développement colonial vers l’ouest qui avait débuté dès la fondation des colonies anglaises plus d’un siècle plus tôt. Le peuplement des fronts occidentaux des territoires britanniques n’était par ailleurs pas homogène et ne servait pas les mêmes intérêts économiques, financiers ou sociaux partout sur le continent. Cette hétérogénéité des espaces coloniaux doit être mise en tension avec les intérêts partagés mis en évidence par les similitudes entre les constitutions des États nouvellement indépendants et la collaboration de leurs délégués au sein des deux congrès continentaux (celui de septembre 1774 et celui qui débute en mai 1775) pour organiser la résistance au contrôle métropolitain et établir les prémices d’un État souverain, militairement et commercialement, à l’échelle continentale. L’analyse des enjeux de sécurité dans les espaces de frontière permet de prendre en compte la fragilité des forces américaines et de révéler l’agentivité et les intérêts des nations autochtones dans la guerre d’Indépendance, qui s’est déroulée autant sur les côtes et dans les ports du continent que dans les terres amérindiennes de l’intérieur. Les relations avec le Canada, resté sous le contrôle des Britanniques, doivent être intégrées à cette étude de la dimension hémisphérique de la Révolution, tout comme les liens avec la Louisiane et la Floride espagnoles qui élargissent la perspective d’une Révolution qu’il faut comprendre dans un périmètre géographique étendu (vast early America).
Le troisième axe traite des idées soulevées et diffusées pendant la période : l’indépendance coloniale elle-même, mais aussi les libertés collectives et individuelles mises en avant par les révolutionnaires pour encourager la résistance puis légitimer la révolution. Ces libertés s’ancraient à la fois dans la tradition constitutionnelle britannique à laquelle les colonies devaient leur légitimité et leur existence, et dans un héritage colonial de pratiques proto-démocratiques locales et régionales d’autogouvernement, largement partagées à l’échelle continentale (excepté au Québec), malgré des différences significatives qui sont aussi facteurs d’explication du conflit. En outre, l’engagement révolutionnaire n’allait pas de soi. Il doit être abordé sous l’angle des rapports entre les traditions et les identifications identitaires communes aux métropolitains et aux colons britanniques, et les particularités des régimes et des sociétés créoles, dans les marges de l’empire. Le rôle de la presse et de l’écrit (print culture) dans la circulation des idées et dans l’évolution du débat public sur le bien-fondé ou la réforme de la gestion impériale (qu’aucun colon n’envisage véritablement de supprimer avant l’hiver 1775-76) est au centre de la réflexion à mener sur la mobilisation révolutionnaire. Celle-ci s’étudiera par le biais des journaux, des magazines et des pamphlets publiés qui ont été récemment réévalués, ainsi que celui des archives des comités de correspondance, des comités de sécurité publique, des assemblées locales et des congrès continentaux. La spécificité de la culture politique des colons américains, différente de celle de la métropole, doit être prise en compte, ainsi que les modes de divergence et de convergence de la culture des élites et des populations plus modestes, dont Common Sense (1776), le bestseller de la Révolution américaine, est à maints égards emblématique.
Le dernier axe porte plus localement sur l’expérience des populations coloniales pendant la période, en particulier des personnes subalternes, dont les conditions de vie et de survie pendant le conflit ont été révélées par l’histoire sociale récente. Il s’agira de comprendre la participation et les revendications des femmes et des populations noires sous le joug du patriarcat colonial, mais aussi celle des populations autochtones, dont certaines se soulèvent dès 1763 (Pontiac Rebellion) puis sont prises entre neutralité et engagement d’un côté ou de l’autre lorsque la guerre débute. Ces populations se sont engagées à des degrés très divers dans la lutte révolutionnaire, ou bien ont changé d’allégeance au cours du conflit, ou encore, pour un grand nombre d’entre elles, ont préféré l’allégeance britannique et subi les conséquences souvent dramatiques de leur décision. Le loyalisme fut, de fait, un phénomène complexe, local, et protéiforme dont il faut mesurer l’étendue et l’impact sur l’empire britannique après l’Indépendance américaine. Enfin, l’étude des débats et des mesures abolitionnistes de la période doit permettre d’intégrer la chronologie des abolitionnismes britannique et américain à l’analyse de l’élan révolutionnaire et de mettre en évidence à la fois l’importance structurante de l’esclavage dans les négociations et le déroulement du conflit, et la portée et les limites de la dimension anti-esclavagiste de la Révolution américaine.
Ce sujet invite, par conséquent, à penser l’histoire de la Révolution américaine selon des échelles différentes (locale, régionale, hémisphérique et atlantique), en intégrant les enjeux commerciaux et territoriaux de l’expansionnisme européen en Amérique et en interrogeant l’engagement révolutionnaire dans le contexte proprement colonial de l’Indépendance américaine.
III – Linguistique
- Phonologie
Dictionnaires de référence :- D. Jones (Peter Roach, Jane Setter & John Esling, eds.). Cambridge English Pronouncing Dictionary. Cambridge: Cambridge University Press, 2011, 18th edition.
- J.C. Wells. Longman Pronunciation Dictionary. London: Longman, 2008, 3rd edition.
- Grammaire
Les questions ne s’appuient sur aucun programme spécifique.
Oral
I – Épreuves à option
Le programme des options A et B est constitué par le programme des épreuves d’admissibilité auquel s’ajoute, pour chaque candidat, le programme ci-dessous correspondant à l’option A ou B, qu’il a choisie au moment de l’inscription :
A – Littérature
-
Douglas Stuart, Shuggie Bain [2020]. Londres, Picador, 2021.
-
Abdulrazak Gurnah. Paradise [1994]. Londres, Bloomsbury, 2004.
B – Civilisation
Le programme invite à examiner la place, le rôle et l’influence des idées et des individus de gauche au sein d’Hollywood, depuis l’établissement du New Deal en 1933 jusqu’en 1957, lorsque deux arrêts de la Cour suprême (Yates v. US et Watkins v. US) limitent les actions du HUAC (House Un-American Activities Committee) de façon radicale et que la « chasse aux sorcières » impulsée par le sénateur républicain Joseph McCarthy, qui meurt la même année, a perdu de son intensité.
Si Hollywood n’est pas la cible principale de la première peur rouge (First Red Scare, 1919-1920), cette période marque bien l’émergence d’un fort sentiment anticommuniste, après la Révolution bolchévique de 1917 et l’introduction ou l’expansion d’idées communistes et anarchistes aux États-Unis par le biais notamment de l’immigration d’Europe de l’Est et du Sud. S’amorce alors une phase d’actions gouvernementales anticommunistes, comme les Palmer Raids, arrestations arbitraires menées sous l’égide du ministre de la Justice, ou la création de Red Squads, groupes d’agents anticommunistes au sein des services de police. La mise en place d’actions gouvernementales concrètes se poursuit dans les années 1930 jusqu’à la création du HUAC en 1938. Sous couvert de l’appellation générique d’« activités antiaméricaines », cette commission cible d’abord les sympathisants fascistes, anarchistes et communistes, puis les syndicalistes et activistes jugés « radicaux ». Dans la première moitié des années 1940, période de cohésion patriotique, Hollywood soutient l’effort de guerre avec des films de propagande réalisés par les plus grands noms de la profession en partenariat avec l’Office of Strategic Services (OSS) et l’Office of War Information (OWI). Cette mobilisation tend alors à reléguer les préoccupations politiques et sociales au second plan, même si elles restent sous-jacentes. Par ailleurs, l’URSS étant temporairement devenue l’alliée des États-Unis, la « menace communiste », n’est alors plus une priorité ; elle ne disparaît cependant pas pour autant et ressurgit avec force dès la fin des hostilités et le début de la Guerre Froide. En témoigne, par exemple, le positionnement anticommuniste du syndicaliste Roy Brewer entre 1945 et 1953 au sein même de l’International Alliance of Theatrical Stage Employees (créée en 1893). S’amorce alors une période connue sous le nom de Second Red Scare ou « seconde peur rouge » (1947-57) qui se caractérise par une « chasse aux sorcières » dans tout le pays sous l’impulsion du maccarthysme, du nom de son leader emblématique, Joseph McCarthy. Le HUAC organise des « auditions » (hearings), parodies de procès médiatisés visant à faire passer la moindre activité syndicaliste pour une action antiaméricaine, et ce notamment à Hollywood. Cette période d’extrême tension et de paranoïa généralisée, si bien retranscrite par les interventions du journaliste Edward Murrow dénonçant la folie du maccarthysme, a d’importantes répercussions sur l’industrie du film, devant et derrière la caméra ; techniciens, scénaristes, acteurs, réalisateurs, hommes ou femmes, associés de près ou de loin à des organisations prétendument communistes, sont traqués, dénoncés et leurs carrières détruites. Mais la période voit également le développement de multiples formes de résistance, qui transforment à la fois les pratiques politiques et la scène hollywoodienne.
Le premier volet du programme est centré sur l’étude de la nature, des formes et des évolutions des idéologies de gauche au sein de l’industrie hollywoodienne entre 1933 et 1957. Il convient dans un premier temps de bien ancrer le développement du syndicalisme à Hollywood dans la continuité du New Deal et des gauches étatsuniennes. Dans les années 1930 et 1940, sous l’impulsion de la politique du New Deal amorcée dès le début de la présidence Roosevelt en 1933, des idées progressistes, socialistes et même communistes s’installent progressivement à Hollywood. Le National Industrial Recovery Act (NIRA) encourage et facilite la syndicalisation des travailleurs américains de tous secteurs d’activité. Conjointement, un activisme politique de gauche se développe au sein de l’industrie cinématographique étatsunienne, qui voit alors en 1933 la création de deux puissants syndicats : la Screen Writers Guild (SWG) pour les scénaristes, et la Screen Actors Guild (SAG) pour les acteurs et actrices soucieux de défendre tant leur intégrité artistique que leurs conditions de travail. Durant la Grande Dépression, des films dits « à message » dénoncent les conditions sociales dégradées des Américains, de I Am a Fugitive From a Chain Gang (Mervyn LeRoy, 1932) à The Grapes of Wrath (John Ford, 1940) et Sullivan’s Travels (Preston Sturges, 1941), celles-ci n’épargnant pas l’industrie du cinéma. Des scénaristes mécontents de leurs conditions de travail, mais également des acteurs, actrices, et réalisateurs (métier devenu principalement masculin) victimes de pressions et discriminations, se joignent aux techniciens de la profession pour obtenir une protection sociale, plus de droits et de meilleurs contrats au sein d’une industrie très inégalitaire, structurée par l’intégration verticale jusqu’à l’arrêt United States v. Paramount (1948), mettant fin aux pratiques monopolistiques des grands studios (les majors). C’est une première victoire sur ce système pyramidal, vertical et hiérarchisé, tenu de main de maître par les patrons et producteurs des majors, les célèbres movie moguls qu’incarnent entre autres les frères Warner et Louis B. Mayer. Les détracteurs de cet élan progressiste s’empressent de l’assimiler à une menace communiste. Les processus de stigmatisation qui apparaissent dès 1933 s’amplifient, et le déploiement d’une rhétorique anticommuniste trouve son apogée lors de la Second Red Scare.
Le deuxième grand volet porte ainsi sur la mise en place, sous l’impulsion de McCarthy et de ses soutiens, de la « chasse aux sorcières » à l’encontre des réalisateurs, acteurs, scénaristes de gauche, hommes et femmes, confrontés à la menace d’être placés sur liste noire. On s’intéressera notamment au calvaire des Dix de Hollywood dont on peut lire le récit dans Hollywood on Trial. The Story of the 10 Who Were Indicted de Gordon Kahn (1948) et dans les archives nationales qui contiennent les comptes-rendus des auditions du HUAC, ainsi qu’au rôle des délateurs harcelés par le HUAC, à l’instar d’Elia Kazan. On s’interrogera également sur la poursuite spécifique des minorités, par exemple les membres noirs de l’industrie hollywoodienne, accusés de promouvoir le mouvement des droits civiques, comme l’acteur et chanteur Paul Robeson, convoqué en 1956. La deuxième peur rouge a également des répercussions sur la production cinématographique de l’époque, avec notamment la censure des films, autre tactique utilisée pour empêcher la propagation de messages perçus comme subversifs ou communistes, et diverses formes d’autocensure, encouragées par le Code de Production qui régit les studios. On notera toutefois les ambiguïtés de certaines positions, ainsi que les tensions entre stratégies politiques et intérêts économiques. Est ainsi importante l’arrivée, en 1946, d’Eric Johnston à la tête de la nouvellement nommée Motion Picture Association of America, puissant lobby de l’industrie du divertissement. Auditionné par le HUAC, Johnston joue un rôle central dans la défense d’Hollywood face aux accusations de communisme, tout en soutenant activement le bannissement de sympathisants communistes à Hollywood (Waldorf Statement, 1947). Par ailleurs, il s’efforce de préserver les intérêts économiques des studios, protégeant leur intégration verticale et négociant l’accès des films hollywoodiens aux marchés d’Europe de l’Est.
Le troisième et dernier volet concerne les pratiques de résistance. Comment, face à la censure et à la pression politique exercées sur les studios hollywoodiens, qui sont soucieux d’éviter toute accusation de sympathie communiste, de nombreux artistes et techniciens résistent aux mesures répressives instaurées pendant la « chasse aux sorcières » ? Cette résistance s’exprime de diverses manières : publiquement, par des prises de parole médiatiques, comme celles d’Humphrey Bogart et de Lauren Bacall ; par la création d’organisations de soutien, à l’instar de John Huston qui fonde le CFA (Committee for the First Amendment) en 1947 ; ou encore à travers des allusions faites plus ou moins explicitement dans les films eux-mêmes, tels High Noon (Zinneman 1952), Salt of the Earth (Biberman, 1954) ou Storm Center (Taradash, 1956). Les artistes utilisent la création artistique pour contourner la censure et défendre la liberté d’expression. Certains scénaristes et réalisateurs intègrent des messages subversifs ou critiques dans leurs films, malgré les restrictions imposées par les organismes de censure. Dans High Noon, le shérif incarné par Gary Cooper est ainsi abandonné par la communauté qu’il protège, symbolisant le climat de suspicion et de lâcheté qui règne dans les grands studios face au maccarthysme. Enfin, on étudiera les stratégies spécifiques des réalisateurs, scénaristes, acteurs noirs, hommes et femmes (bien que ces dernières soient sous-représentées), contre les accusations de communisme, ainsi que le rôle ambigu de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) dans cette résistance. Les pratiques de résistance contribuent à sensibiliser le public aux violations des droits civiques et à promouvoir le changement social et politique qui, à terme, participe à la chute de McCarthy et au déclin du HUAC contre lequel une opposition s’amplifie nettement. Certaines personnes mises à l’index sont alors à nouveau sollicitées pour travailler à Hollywood. Le 17 juin 1957, la Cour suprême restreint le pouvoir du HUAC en invalidant plusieurs de ses décisions lors du « lundi rouge » (Red Monday).
C – Linguistique
-
Commentaire de texte :
Dans son commentaire, le candidat devra traiter un sujet choisi par le jury. Les sujets proposés ne s’appuient sur aucun programme spécifique. -
Leçon
Dans le cadre du programme ci-dessous, il est demandé au candidat de discuter une ou plusieurs affirmations de linguistes tout en illustrant son argumentation à l’aide d’exemples tirés d’un corpus d’anglais contemporain qui lui sera fourni lors de la remise du sujet. Des connaissances théoriques sont attendues.La complémentation verbale.
II – Épreuves communes
Lors de la préparation de l’épreuve hors programme en anglais, les candidats auront à leur disposition :
- des dictionnaires unilingues anglais et américain.
- The Encyclopaedia Britannica DVD ROM, Ultimate edition, 2015.
N.B. : Les éditions sont données à titre indicatif.
